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  • VOIX DU NORD

Vingt ans de prison pour avoir poignardé un père de famille bd de Metz

Après deux jours de procès, Fethi Rezzak, 40 ans, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Redouane Gadi, 25 ans, poignardé le 29 juin 2015 de dix-sept coups de couteau, devant le 92 boulevard de Metz. Le verdict compte aussi cinq ans de suivi socio-judiciaire.


Me Eugenie Leman avec Sofiane et Toufik Gadi, frères de la victime. PHOTO LA VOIX


Juste avant le délibéré, ce mardi après-midi, Fethi Rezzak est reparti en boucle sur ses griefs contre Saïd, l’ami d’adolescence qui l’a laissé tomber… Pas un mot pour Redouane Gadi, qu’il a tué sans vraiment le connaître.L’épouse, les frères et sœurs de la victime n’auront pas les réponses à toutes leurs questions. À tour de rôle, leurs avocats ont souligné la dignité de cette famille à laquelle pendant deux jours de procès, les élucubrations de l’accusé n’ont rien épargné.

« Vous êtes non seulement un meurtrier mais vous êtes aussi un voleur de vies. Mes clients sont tombés dans un puits sans fond »

« Une attitude désolante et irrespectueuse », a déploré Me Cécile Couvercelle. « Vous êtes non seulement un meurtrier mais vous êtes aussi un voleur de vies. Mes clients sont tombés dans un puits sans fond », assènera Me Damien Delavenne. Me Eugénie Leman souligne : « Chacun de vos mots est venu écorcher cette famille. Il leur a fallu supporter votre lâcheté. » L’avocate lilloise retracera la poursuite mortelle, l’acharnement et la détermination de l’accusé : « Redouane Gadi est mort sous cette furie, cette sauvagerie. » Dans le box, Fethi Rezzak tentera de lui couper la parole. La veille, le président Thierry Vouaux l’avait expulsé momentanément de l’audience pour ce comportement. En début de matinée, l’expert psychologue a dressé un portrait inquiétant de l’accusé où dominent la froideur, l’absence de remords et l’intolérance à la frustration. Un profil de psychopathe à propos duquel Yves Delannoy s’est montré très réservé pour l’avenir : « Le risque de récidive ne doit pas être minimisé. »


« Meurtre abominable »

L’avocate générale va requérir quinze ans de réclusion et un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans. Christine Pons n’a aucun doute sur l’intention de tuer : « Seize coups de couteau ont été assénés au thorax dont tout le monde sait que c’est une zone vitale. » Elle retient aussi « un crime totalement gratuit ».



L’avocat de la défense aura aussi des mots durs pour l’accusé : « Un damné qui n’a pas plus de cinquante mots à son vocabulaire. » Me Tayeb Ismi esquisse la misère affective et sociale de son client pour parler sans fard d’un « meurtre abominable ». Il plaide néanmoins le partage de responsabilités : « Redouane Gadi est revenu avec une batte de base-ball pour en découdre. Pour laver l’affront d’insultes précédentes. » Comme l’avait fait l’avocate générale, l’avocat de la défense accuse aussi le fonctionnement du quartier, boulevard de Metz, « avec un rapport à la police et à la justice très particulier. C’est un quartier où lorsqu’il y a des insultes et des menaces, on ne porte pas plainte. » L’avocat convient que ses propos puissent être douloureux pour la famille mais il insiste : « Il y avait eu des signes précurseurs. » Et le soir du crime, il y avait une foule de badauds, seulement deux personnes sont venus témoigner.

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